Par l'intermédiaire du blog de Sophie, je me suis engagée à écrire une chronique sur le roman de Clara Dupont-Monod :

"Nestor rend les armes" aux éditions Sabine Wespieser.

Il m'est impossible de m'aventurer de façon littéraire sur ce livre tellement l'écriture est construite et raffinée.

Cependant, voici ce qui m'a interpellée dans cette histoire : DSC_0900

  • la graisse et les émotions  "je le protège (mon corps) et il me le rend bien",
  • la distance et la régression : "mon corps m'éloigne de vous et il me tient chaud",
  • un constat duel : "c'est un ami, c'est un tyran",
  • s'imposer avec le poids : "c'est un monument entre vous et moi",
  • le théâtre du corps :  "mon corps sert de masque, il cache une vérité simple",
  • le plaisir quand même : "d'engloutir, de déglutir, de combler, de broyer, d'ingérer,
  • la courageuse description d'une crise de boulimie (page 46)

Tout ceci étoffé, densifié par l'histoire de trois êtres en souffrance, en manque. En quête peut-être? Une réflexion sur le corps, les émotions, l'amour, les amours... Un mystère! Il m'est apparu que l'auteur possède une bonne connaissance de ce genre de pathologie (page 68).

L'hypothèse que j'ai retenue est celle d'amener (dans les troubles du comportement alimentaire) l'inconscient sur le père "gros père" non systématiquement sur la mère.

Il n'en demeure pas moins que ce livre pose un questionnement intéressant sur la relation à l'Autre à travers le corps obèse donc marginal. Cet espace corporel est-il réellement une marginalité? Un exil matérialisé?

La fin du livre nous soumet trois hypothèses laissant le soin au lecteur de choisir sa propre conclusion.

Pour la sensibilité du sujet et la manière dont il est traité : à lire impérativement.